1/08/2013

Aventures senegalo-orientales

Pour noyer mon dépit d'un nième décalage du projet Unicef/Orange, me voici décidé à explorer la partie la plus éloignée du Sénégal en mode pressé. Destination, Kedougou, le pays Bassari et le parc Niokolo Koba. 2 lieux UNESCO prometteurs.
un bar à Kedougou
la cathédrale de Kédougou
12h de route entre Dakar et Kedougou, arrivée le soir frais comme un gardon. Petite soirée dans cette ville proche de mines d'or et de la frontière guinéenne, lieu bien famé donc...















Le lendemain, location d'un vélo pour partir à la découverte du pays Bassari. Cette zone légèrement montagneuse abrite des villages perchés des ethnies Bassari et Bédik, tandis que les Peuls sont restés en contrebas.



Cela donne des villages très mignons avec de belles vues sur la plaine, avec un artisanat spécifique et une culture pas forcément facile à connaitre (notamment leurs masques, il faut être là pendant les fêtes).



Le soir, je repars vers le Nord en direction d'un campement en bordure du Parc du Niokolo Koba.



Journée de repos avec canoé en solo sur le fleuve Gambie où je rencontre des hippos et ballade le soir vers le village.

Le lendemain, je me joins à un groupe de Brésiliens pour partager les frais de la ballade dans le parc, qui dure toute la journée. Croco, phaco, hippos, singes verts, rouges, babouins et différentes sortes de gazelles. Pas de lion, mais c'est très rare et pas forcément dans le parc. Paysage un peu martien car beaucoup de brulis effectués et ensemble très sec.


Melle Phacochère



Pensées...



J'avais ensuite pour ambition de rejoindre Kolda dans la soirée, via Tambacounda de nouveau. Fol espoir car déjà, difficulté de rallier Tamba. Heureusement, un camion malien finit par m'embarquer. A Tamba, on me vend bien un billet pour Kolda à 8h du soir. Mais j'apprends ensuite que la route est  barrée en amont deKolda jusqu'au lever du jour par la gendarmerie. Ce qui me conduirait à passer la nuit dans le 7 places, perspective peu réjouissante après une telle journée... Du coup, négociations etc... et direction hôtel chelou mais prix raisonnable. Accolé à une boite de nuit, on me dit à 22h que la chambre est dispo "dans une heure" et une belle lumière rouge dans la chambre permet de mettre un certain type d'ambiance....
Réveillé à 4h du mat par un train qui passe juste à côté, puis 5h par le muezzin, puis 6h re-muezzin... encore 4h30 de route et me voici de retour pour la 3eme et dernière fois à Kolda !

12/30/2012

JBass MC, nouveau poulain de LabProd Senegal !

Voici la dernière production, toujours faite à l'arrach pour le son et le montage vidéo, mais le refrain est sympa.
Ambiance love avec JBass MC. On a tourné le clip à Kolda et sur la plage de l'île de Carabane, en Casamance, enregistrement dans une petite chambre à Ziguinchor !

12/25/2012

Joyeux Noël From Dakar



Décorations de Noël à la cathédrale au top et décos lumineuses un peu partout à Dakar.
Surprise pour moi, première fois que je les vois alors que je suis à Dakar depuis 15j. Je ne sors pas assez !

Une messe mêlant les classiques Minuit Chrétien ou prières chantées en latin et une musique de Communion mêlant chants et percus (mauvais enregistrement...)


Bonnes fêtes à tous et profitez de votre famille ! Ici la grande majorité étant musulmane et étant sous le soleil, l'esprit de Noël est difficile à ressentir !


12/17/2012

Culture sénégalaise traditionnelle vs culture occidentale


Cette plongée longue durée parmi des cultures sénégalaises assez nettement différentes de la culture occidentale (même si les influences sont déjà évidentes) et dans une certaine pauvreté m'ont fait faire quelques reflexions que je partage ici.

Si la civilisation occidentale est incontestablement plus avancée en termes de confort matériel (très peu de machines à laver le linge par exemple au Sénégal, et c'est quand même un travail très dur !), on peut douter de notre progrès sur le bonheur des populations, qui est censé être notre but ultime (enfin déjà, dire ça est assez occidental, pour d'autres civilisations la vie est juste un destin choisi par Dieu, sans objectif précis dans la vie, sans recherche de sens).
Ici, parler de psychologie paraît assez incongru. Le phénomène de famille élargie, de quartier familial et la mobilité limitée font que l'on est jamais seul, pour le pire et le meilleur. La proximité s'élargit bien au delà du premier cercle familial puisque le voisin ou l'ami de passage sont rapidement des "frères" ou un "oncle". Rien que les noms de famille peuvent rapprocher des personnes entre elles, même si elles ne se connaissent pas. De quoi éviter la solitude urbaine occidentale et les envies de suicide car on se sent toujours entouré. 
A cela s'ajoute de fortes limites sur les possibles interrogations existentielles de l'amour et du travail. 
Les mariages arrangés sont encore monnaie courante et les fils reprennent souvent le travail du paternel, qui a un outil de travail difficilement acquis et un savoir faire à partager sans frais. Les femmes, elles, sont dédiées aux travaux traditionnels du foyer et de l'éducation des enfants, mais sont en outre très impliquées dans les travaux des champs. 
La vie se déroule alors dans un univers très solide avec des structures bien définies, univers qui bouge d'autant moins que l'on est pauvre.

Bien sûr, ces situations évoluent rapidement et ne sont pas générales. Les jeunes remettant en cause ces manières de faire et accédant de plus en plus à des formations académiques permettant d'envisager une carrière. Les mentalités et les cultures évoluent sans cesse.

Et mon propos n'est pas de dire que c'est génial... Outre les plaisirs intellectuels que nous avons à force de se prendre la tête sur des milliards de sujets (oui, ça n'a pas que des mauvais côtés de douter de tout), l'individu a du mal à s'épanouir. J'ai eu des exemples de jalousie extrême au sein de familles (d'autant plus fort lorsqu'il y a plusieurs épouses mettant en compétition leurs enfants respectifs), où chacun conspire à l'échec de l'autre, notamment via les maraboutages. Dans une situation de pauvreté, ces comportements sont quasiment suicidaires et désespérants. 

C'est un moment clé, je crois, dans ces cultures assez traditionnelles. Elles sont exposées via les médias à la valeur clé de l'individu et de plus en plus d'individus, jusqu'au fond des campagnes, reçoivent une éducation scolaire modelée sur le modèle occidental. Les notions du type réalisation de soi, trouver l'Amour ou encore Droits de l'Homme imprègnent des individus qui évoluent dans un cadre qui évolue moins vite (les Anciens sont là !). Se préoccuper de soi et chercher à satisfaire les besoins supérieurs sur la pyramide de Maslow sont assez mal vus lorsque ce qui compte avant tout, c'est encore pouvoir manger et dormir sous un toit.

Petit traité empirique d'économie sénégalaise

Voilà quelques remarques sur l'économie sénégalaise, issues des échanges et observations faites depuis 2 mois que je suis là.

La base, c'est l'éducation. Dans la région de Kolda, une des plus pauvres du Sénégal, il manque finalement peu de choses pour que la vie d'une personne change. Moins de 10 000€ suffirait à la plupart des gens pour commencer quelque chose, un petit commerce ou service, c'est le principe du micro crédit.
Mais cela empêche d'avoir un effet de masse avec une grosse installation qui touche plein de gens d'un coup, il faut gérer petit projet par petit projet. Et cela me semble d'autant plus difficile que beaucoup de ces personnes ont besoin d'accompagnement, de formation. Sans cela, ces projets tombent souvent à l'eau car mal structurés ou abandonnés à la première difficulté.
Mon espoir là dedans, c'est que le besoin de suivi baisse avec le niveau d'éducation, qui augmente sensiblement selon mon ressenti.
Ainsi, l'Unicef, qui met des panneaux devant chaque école, a pu faire évoluer son message. L'enjeu est la scolarité des jeunes filles : on est passé de "Je veux aller à l'école" à "Je veux aller et RESTER à l'école" puis "Je veux aller et REUSSIR à l'école"...
le panneau intérmédiaire
En effet, au début les filles étaient envoyées mais ne restaient pas longtemps. Ensuite, elles restaient mais n'y faisait rien. Désormais, ces futures femmes seront un socle solide pour structurer des petites organisations économiques, elles qui sont déjà la base de nombreux projets de développement.

Autre élément remarquable, c'est l'adaptation du commerce au pouvoir d'achat. Beaucoup de gens avec qui j'étais vivent avec 2 ou 3 € par jour maximum. Il faut donc acheter les doses alimentaires ou d'essence petit à petit car il est souvent impossible d'acheter 1kg de sucre par exemple. Du coup, on voit dans les épiceries plein de petits sachets préparés par le commerçant, des bandes de petits sachets (lait en poudre, lessive, café...) ou des bouteilles d'essence.

Dans ces mêmes commerces, l'emballage de votre sandwich oeuf mayo ou tartiné au Chocoleca (Nutella national) est fait de journaux. Rien d'extraordinaire, sauf que ces journaux sont en arabe ou en anglais. Il y a donc un marché international des journaux usagés !

Dans le même genre, il est toujours amusant de lire ce qu'il est inscrit sur les t-shirts des gens autour. Venu pour être vendus en friperie, c'est souvent des vêtements publicitaires ou liés à un évènement, venus d'Allemange, USA ou France en général. Il y a bien évidemment en plus les évènements locaux sponsorisés par des marques, des politiques ou des ONG, avec des messages à caractère éducatif imprimés.

Pour les transports, l'économie s'adapte également. Beaucoup de Koldois ne peuvent pas se payer le trajet à Dakar (environ 10€), encore moins un taxi à 70c d'€ pour le quotidien. Des motos à bas coûts sont importées (en pièces détachées pour payer moins de droits de douane) et permettent de se déplacer pour 35c d'€. Ces motos ont pris le nom de Jakarta, une marque qui est donc l'équivalent de Mobylette chez nous. Elles sont par contre conduites par n'importe qui et sont très légères : elles provoquent donc de nombreux accidents parfois mortels.


Niveau agriculture, j'ai pu discuter de l'économie du coton et du sésame avec l'AVSF. Le coton est un héritage de la colonisation. L'établissement français est devenu une entreprise étatique, la Sodefitex. C'est elle qui achète tout le coton, à un prix sponsorisé pour maintenir un certain revenu aux agriculteurs (255 FCFA le kilo cette année). Problème, ce prix déjà sponsorisé ne permet pas toujours aux paysans de gagner de l'argent après 1 an d'efforts ! En effet, ils empruntent chaque année à la Sodefitex pour les outils et les intrants, qu'ils remboursent donc avec leur production. Problème, ces intrants sont utilisés aussi pour d'autres cultures ou pour des surfaces plus grandes que prévues. De plus, la récolte du coton nécessite une grande main d'oeuvre, ce qui réduit d'autant plus le bénéfice potentiel.

A l'inverse, le sésame est simple à cultiver et la demande est très forte, avec la croissance de la Chine et de l'Inde. C'est une production stimulée par AVSF mais qui n'est pas du tout connue au Sénégal. Le semi se fait après les céréales, sur un champ appauvri (il favorise la regénération de celui-ci). Il suffit d'1 intervention dans le champ après 15 jours pour désherber, ensuite c'est la récolte 2 mois après. Le traitement ensuite est assez simple (sécher et secouer), et le kilo "bord champ" pour du bio est de 350 FCFA !

Enfin, le riz. Il est très important dans l'alimentation quotidienne (c'est d'ailleurs un peu too much là...), au dépend des céréales traditionnelles comme le mil, plus compliqué à préparer, ou le fonio, méconnu.
Le riz produit localement ne suffit pas à la consommation nationale, on voit donc des sacs de riz d'Uruguay, Thaïlande ou Inde un peu partout.

12/16/2012

Lab, producteur de Rap Galsen, Attention !!

Voilà une série de clips que j'ai fait vite fait avec des jeunes de Kolda, un groupe du nom de RDC House. Pas très pro les clips mais largement au niveau de quelques productions sénégalaises (pour la vidéo au moins). Tournés et montés en moins d'1 journée, un peu comme mes films de vacances...

Le premier parle de l'Extrait de Naissance, du droit des enfants à avoir un état civil, sans lequel il est impossible d'avoir une éducation complète et une vie normale. C'est pourtant un problème majeur encore à ce jour, et c'est notamment ce qu'essaye de traiter le projet d'application d'Orange qui est un de mes sujets.
Belle coïncidence donc !

Le 2eme parle des Jakarta, ces motos légères qui sont la source de beaucoup d'accidents. Peu chères, beaucoup d'apprentis moto taxis embarquent dessus sans permis.


le 3ème contre la Drogue, qui prolifère dans la région puisque Bissau est devenue la plateforme d'atterrissage de la drogue sud-américaine, qui remonte ensuite vers l'Europe.