Affichage des articles dont le libellé est réflexion. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est réflexion. Afficher tous les articles

11/06/2013

Vers la fin de l'humanité, vers "l'Homme Simplifié" ?

Je suis clairement un passionné des nouvelles technologies : l'idée que celles-ci permettent à l'humanité de progresser est donc profondément ancrée dans mon esprit. Aussi, à la lecture de l'essai "l'Homme Simplifié" du philosophe Jean-Michel Besnier, les techno-enthousiastes ne peuvent qu'être réticents à découvrir sa thèse. Il y défend l'idée que les nouvelles technologies, en se répandant, forcent l'être humain à s'adapter aux machines. Cette évolution nous ferait perdre progressivement notre essence, notre humanité. Si "le syndrome de la touche étoile", sous-titre de l'oeuvre, paraît quelque peu pessimiste et s'appuyant parfois sur des arguments un peu lointains, cette vision agite quelques drapeaux rouges intéressants...

La "machinisation" de l'Homme

Notre humanité est née de notre station debout, rappelle l'auteur : les mains ont permis le développement de la technique, la voix le développement du langage. De là découlent nos machines incroyablement évoluées et nos cultures riches et complexes, sources de notre identité.
Propre à chacun, dotée d'innombrables nuances et donc non limitable à des données, la culture est, par essence, non reproductible ni intégralement compréhensible par les machines. A l'opposé, la technique a accouché d'une langue universelle et univoque, les Mathématiques, faite pour les machines. Ayant l'ambition d'englober le monde dans une logique de 1 et de 0, afin de le maîtriser, cette langue est en effet la base de l'informatique et donc des nouvelles technologies. Elles permettent par exemple d'établir des modèles prévisionnels du climat ou de la Bourse.
Mais en voulant appréhender l'humain, les nouvelles technologies se doivent de le simplifier. La complexité des émotions, de l'imaginaire et de la créativité humaine sont concentrées en catégories figées et précises, afin qu'un mécanisme puisse les interpréter et agir en conséquence.
Cette simplification n'est pas sans avantage : l'homme peut être "augmenté" grâce à des robots ou prothèses, la traduction peut être instantanée, des calculs impressionnants traités en peu de temps... Les gains palpables de l'essor des nouvelles technologies sont évidents et seraient difficiles à nier.
Mais l'impact de cette mise en coupe réglée peut aussi être négatif. A force d'harmoniser les diverses expressions de l'humanité en les catégorisant, l'être humain perd de son unicité (je ne suis plus original/unique puisque je corresponds à une catégorie). En devenant un pion remplaçable parmi des milliards d'autres, l'individu aura tendance à perdre confiance en soi et déprimer.
La culture ne fait plus sens et seule l'utilité fonctionnelle est perceptible : tel Charlot dans les Temps Modernes, l'individu n'est alors qu'un rouage dans la grande machine du monde. Ce sentiment de dépossession serait selon l'auteur, un mal profond touchant avant tout les sociétés occidentales, celles qui sont les plus avancées en termes de nouvelles technologies. La démonstration est poussée jusqu'à faire référence à la Première Guerre Mondiale, premier grand événement majeur de déshumanisation.

L'Homme, esclave simplet et isolé

Certes, l'usage et le potentiel des nouvelles technologies est parfois inquiétant. Notre vie privée est très largement menacée par notre addiction aux réseaux sociaux ou à l'essor des objets connectés, qui, non content de tout mesurer, diffuse leurs données sur Internet. En s'appuyant sur de plus en plus de données pour construire sa vie, l'Homme construit sa dépendance. Maitre des nouvelles technologies, il en devient progressivement esclave dans une dialectique toute hégélienne.
L'accélération de la vie dans cet univers nous expose à une infinité d'informations et d'activités et modifie notre manière de vivre en profondeur. La capacité multi-tâches attribuée telle une évolution génétique à la génération Y entraîne aussi une perte de capacité de concentration et de profondeur dans la réflexion et l'apprentissage. C'est en tout cas les retours de certaines expériences de "retrait numérique" tel que Susan Maushart décrit dans son livre "Pause" ou Thierry Crouzet, le "retraité de l'Internet".
Couverture de "Pause" de Susan Maushart
Jean-Michel Besnier décrit cette évolution en opposant la connaissance "d'avant", cathédrale très solide construite petit à petit, et la connaissance des "digital natives". Telle une fine crêpe très étendue, elle permet bien l'accès immédiat à la quasi-totalité de la connaissance humaine mais elle n'a aucune épaisseur. Les capacités intellectuelles de l'Homme diminueraient alors : nous saurions puiser dans une base de données pour nos besoins, mais sans savoir y apporter la réflexion et l'analyse nécessaire à un progrès de la connaissance. Les nombreux copiés/collés de Wikipedia que les enseignants rencontrent dans les devoirs évoquent très concrètement ce possible futur.
A la perte d'autonomie et la stagnation de la connaissance humaine, l'auteur ajoute le risque d'une communication humaine dénaturée, sans émotions, purement informative et donc simplement informatique. De là découlerait un plus grand isolement de l'individu, incapable de se connecter émotionnellement à ses semblables malgré une multiplication des moyens de contact.  
En effet, en systématisant l'usage d'un intermédiaire technologique (ordinateur ou téléphone), l'homme modifie en profondeur sa manière de communiquer et perd un grand nombre d'informations : un simple texte lu est bien plus pauvre qu'une conversation face à face. Néanmoins, un email ou un SMS sont vus comme plus efficient car 100% informatifs et rapides. Ainsi, avec l'exemple d'une société informatique suisse performante qui n'embauche que des autistes communiquant uniquement par informatique, l'auteur semble vouloir illustrer notre avenir à moyen terme : l'efficacité en traitant de la pure donnée, sans affect en pièce jointe. 
Ces communications relèvent de la communication pour "être avec" et non "être pour". La messagerie vocale, les SMS ou les emails seraient donc un moyen de se rassurer soi-même, de s'exprimer, tout en évitant une vraie interaction puisque les échanges sont désynchronisés et ne sont qu'une succession de communications unidirectionnelles. "L'être pour" nécessite de rencontrer la personne physiquement, ou à défaut, la voir. Cette communication naturelle serait en perte de vitesse (et ne fonctionne pas avec les nouvelles technologies, cf l'échec répété de la visio), ce qui rapproche encore l'homme de la machine. A terme, l'absence de communications "être pour" ne peuvent que nous faire sentir profondément seuls, rassurés dans notre individualisme, mais seuls.

Mais l'Homme ne cessera pas d'évoluer !

Cette vision très pessimiste de l'impact des nouvelles technologies sur l'être humain est résumée dans le sous-titre du livre, "le syndrome de la touche étoile". L'auteur fait référence aux serveurs vocaux qui ne laissent qu'un nombre défini de choix pour interagir, même si ces choix sont inadaptés. En lieu et place d'une interaction humaine riche, nous voilà soumis aux machines pour résoudre nos tracas. On peut rétorquer qu'en général, ces serveurs vocaux laissent une ultime possibilité, celui d'avoir en direct un autre être humain, à même de prendre en charge un besoin complexe.
Au delà de ce détail, c'est surtout sur les capacités de résilience de l'être humain que l'auteur semble faire l'impasse tout au long de son ouvrage. L'impact de la généralisation des nouvelles technologies dans nos vies n'est pas encore totalement mesuré et les sociétés humaines ne s'y sont pas encore totalement adapté. De fait, les usages précédent généralement les réflexions et les réorganisations nécessaires que peuvent engendrer l'avènement de facteurs perturbants.
metaphore de la resilience
Ainsi, on peut lister différents exemples : le concept de la vie privée est en pleine évolution, la manière de gérer les flux personnels générés par l'internet des objets reste à inventer et l'école doit profondément revoir la manière de transmettre le savoir. Sur ce point, il semble en effet qu'au delà de la lecture et du calcul, l'enjeu est moins sur la quantité de savoir (qui s'étend de manière exponentielle) que l'on peut transmettre mais bien comment articuler, analyser et savoir exploiter la masse de données d'informations disponibles en quelques clics. Cette révolution éducative prendra du temps, avec le risque que les élèves "digital natives" n'aient ni l'épaisseur de culture de leurs ainés ni les moyens d'exploiter pleinement Internet.
Une autre évolution probable de l'"homo numericus" est la capacité de s'isoler, de se couper des nouvelles technologies pour retrouver la capacité de réflexion profonde, le temps long. Ce besoin, déjà ressenti par les "early addicts" cités ci-dessus et qui en ont fait un livre, devrait s'installer progressivement après quelques années de surconsommation d'écrans et de données.
Enfin, l'homme est et restera un animal social, nécessitant de vraies interactions dans son quotidien. Dire que l'être humain bardé de nouvelles technologies se dirige vers l'autisme me semble particulièrement pessimiste. Le téléphone mobile et l'ordinateur ne sont que de nouveaux outils, qui s'ajoutent au papyrus, au télégramme ou au téléphone filaire. L'avènement de l'un des modes de communication n'a jamais tué les autres, il n'y a pas de raisons pour que cela arrive avec ces nouveaux modes. Les entreprises, même mondiales, font toujours de nombreuses et coûteuses réunions physiques alors que la téléprésence pourrait les remplacer techniquement parlant.

A travers "l'Homme simplifié", le philosophe Jean-Michel Besnier pointe donc de vrais dangers et travers de l'abus des nouvelles technologies, qui culmineraient lors de l'avènement de la singularité technologique. Il serait dangereux de les ignorer, mais le pessimisme de l'auteur envers l'évolutivité de l'Homme est frappant. Sans être comme ses adversaires les transhumanistes, qui ne voient que bénéfices à l'intégration toujours plus poussée de l'Homme et de la machine, je crois que les technologies visant à simplifier notre quotidien ne sont pas irrémédiablement des réducteurs de l'humain. De fait, l'Homme, en perpétuelle recherche de progrès, continuera à vouloir tirer profit de ces technologies, sans cesser d'évoluer en tant qu'individu et en tant que société. Capable de surmonter certains abus temporaires, il ne se prive pas non plus de certains retours en arrière !

12/17/2012

Culture sénégalaise traditionnelle vs culture occidentale


Cette plongée longue durée parmi des cultures sénégalaises assez nettement différentes de la culture occidentale (même si les influences sont déjà évidentes) et dans une certaine pauvreté m'ont fait faire quelques reflexions que je partage ici.

Si la civilisation occidentale est incontestablement plus avancée en termes de confort matériel (très peu de machines à laver le linge par exemple au Sénégal, et c'est quand même un travail très dur !), on peut douter de notre progrès sur le bonheur des populations, qui est censé être notre but ultime (enfin déjà, dire ça est assez occidental, pour d'autres civilisations la vie est juste un destin choisi par Dieu, sans objectif précis dans la vie, sans recherche de sens).
Ici, parler de psychologie paraît assez incongru. Le phénomène de famille élargie, de quartier familial et la mobilité limitée font que l'on est jamais seul, pour le pire et le meilleur. La proximité s'élargit bien au delà du premier cercle familial puisque le voisin ou l'ami de passage sont rapidement des "frères" ou un "oncle". Rien que les noms de famille peuvent rapprocher des personnes entre elles, même si elles ne se connaissent pas. De quoi éviter la solitude urbaine occidentale et les envies de suicide car on se sent toujours entouré. 
A cela s'ajoute de fortes limites sur les possibles interrogations existentielles de l'amour et du travail. 
Les mariages arrangés sont encore monnaie courante et les fils reprennent souvent le travail du paternel, qui a un outil de travail difficilement acquis et un savoir faire à partager sans frais. Les femmes, elles, sont dédiées aux travaux traditionnels du foyer et de l'éducation des enfants, mais sont en outre très impliquées dans les travaux des champs. 
La vie se déroule alors dans un univers très solide avec des structures bien définies, univers qui bouge d'autant moins que l'on est pauvre.

Bien sûr, ces situations évoluent rapidement et ne sont pas générales. Les jeunes remettant en cause ces manières de faire et accédant de plus en plus à des formations académiques permettant d'envisager une carrière. Les mentalités et les cultures évoluent sans cesse.

Et mon propos n'est pas de dire que c'est génial... Outre les plaisirs intellectuels que nous avons à force de se prendre la tête sur des milliards de sujets (oui, ça n'a pas que des mauvais côtés de douter de tout), l'individu a du mal à s'épanouir. J'ai eu des exemples de jalousie extrême au sein de familles (d'autant plus fort lorsqu'il y a plusieurs épouses mettant en compétition leurs enfants respectifs), où chacun conspire à l'échec de l'autre, notamment via les maraboutages. Dans une situation de pauvreté, ces comportements sont quasiment suicidaires et désespérants. 

C'est un moment clé, je crois, dans ces cultures assez traditionnelles. Elles sont exposées via les médias à la valeur clé de l'individu et de plus en plus d'individus, jusqu'au fond des campagnes, reçoivent une éducation scolaire modelée sur le modèle occidental. Les notions du type réalisation de soi, trouver l'Amour ou encore Droits de l'Homme imprègnent des individus qui évoluent dans un cadre qui évolue moins vite (les Anciens sont là !). Se préoccuper de soi et chercher à satisfaire les besoins supérieurs sur la pyramide de Maslow sont assez mal vus lorsque ce qui compte avant tout, c'est encore pouvoir manger et dormir sous un toit.

Petit traité empirique d'économie sénégalaise

Voilà quelques remarques sur l'économie sénégalaise, issues des échanges et observations faites depuis 2 mois que je suis là.

La base, c'est l'éducation. Dans la région de Kolda, une des plus pauvres du Sénégal, il manque finalement peu de choses pour que la vie d'une personne change. Moins de 10 000€ suffirait à la plupart des gens pour commencer quelque chose, un petit commerce ou service, c'est le principe du micro crédit.
Mais cela empêche d'avoir un effet de masse avec une grosse installation qui touche plein de gens d'un coup, il faut gérer petit projet par petit projet. Et cela me semble d'autant plus difficile que beaucoup de ces personnes ont besoin d'accompagnement, de formation. Sans cela, ces projets tombent souvent à l'eau car mal structurés ou abandonnés à la première difficulté.
Mon espoir là dedans, c'est que le besoin de suivi baisse avec le niveau d'éducation, qui augmente sensiblement selon mon ressenti.
Ainsi, l'Unicef, qui met des panneaux devant chaque école, a pu faire évoluer son message. L'enjeu est la scolarité des jeunes filles : on est passé de "Je veux aller à l'école" à "Je veux aller et RESTER à l'école" puis "Je veux aller et REUSSIR à l'école"...
le panneau intérmédiaire
En effet, au début les filles étaient envoyées mais ne restaient pas longtemps. Ensuite, elles restaient mais n'y faisait rien. Désormais, ces futures femmes seront un socle solide pour structurer des petites organisations économiques, elles qui sont déjà la base de nombreux projets de développement.

Autre élément remarquable, c'est l'adaptation du commerce au pouvoir d'achat. Beaucoup de gens avec qui j'étais vivent avec 2 ou 3 € par jour maximum. Il faut donc acheter les doses alimentaires ou d'essence petit à petit car il est souvent impossible d'acheter 1kg de sucre par exemple. Du coup, on voit dans les épiceries plein de petits sachets préparés par le commerçant, des bandes de petits sachets (lait en poudre, lessive, café...) ou des bouteilles d'essence.

Dans ces mêmes commerces, l'emballage de votre sandwich oeuf mayo ou tartiné au Chocoleca (Nutella national) est fait de journaux. Rien d'extraordinaire, sauf que ces journaux sont en arabe ou en anglais. Il y a donc un marché international des journaux usagés !

Dans le même genre, il est toujours amusant de lire ce qu'il est inscrit sur les t-shirts des gens autour. Venu pour être vendus en friperie, c'est souvent des vêtements publicitaires ou liés à un évènement, venus d'Allemange, USA ou France en général. Il y a bien évidemment en plus les évènements locaux sponsorisés par des marques, des politiques ou des ONG, avec des messages à caractère éducatif imprimés.

Pour les transports, l'économie s'adapte également. Beaucoup de Koldois ne peuvent pas se payer le trajet à Dakar (environ 10€), encore moins un taxi à 70c d'€ pour le quotidien. Des motos à bas coûts sont importées (en pièces détachées pour payer moins de droits de douane) et permettent de se déplacer pour 35c d'€. Ces motos ont pris le nom de Jakarta, une marque qui est donc l'équivalent de Mobylette chez nous. Elles sont par contre conduites par n'importe qui et sont très légères : elles provoquent donc de nombreux accidents parfois mortels.


Niveau agriculture, j'ai pu discuter de l'économie du coton et du sésame avec l'AVSF. Le coton est un héritage de la colonisation. L'établissement français est devenu une entreprise étatique, la Sodefitex. C'est elle qui achète tout le coton, à un prix sponsorisé pour maintenir un certain revenu aux agriculteurs (255 FCFA le kilo cette année). Problème, ce prix déjà sponsorisé ne permet pas toujours aux paysans de gagner de l'argent après 1 an d'efforts ! En effet, ils empruntent chaque année à la Sodefitex pour les outils et les intrants, qu'ils remboursent donc avec leur production. Problème, ces intrants sont utilisés aussi pour d'autres cultures ou pour des surfaces plus grandes que prévues. De plus, la récolte du coton nécessite une grande main d'oeuvre, ce qui réduit d'autant plus le bénéfice potentiel.

A l'inverse, le sésame est simple à cultiver et la demande est très forte, avec la croissance de la Chine et de l'Inde. C'est une production stimulée par AVSF mais qui n'est pas du tout connue au Sénégal. Le semi se fait après les céréales, sur un champ appauvri (il favorise la regénération de celui-ci). Il suffit d'1 intervention dans le champ après 15 jours pour désherber, ensuite c'est la récolte 2 mois après. Le traitement ensuite est assez simple (sécher et secouer), et le kilo "bord champ" pour du bio est de 350 FCFA !

Enfin, le riz. Il est très important dans l'alimentation quotidienne (c'est d'ailleurs un peu too much là...), au dépend des céréales traditionnelles comme le mil, plus compliqué à préparer, ou le fonio, méconnu.
Le riz produit localement ne suffit pas à la consommation nationale, on voit donc des sacs de riz d'Uruguay, Thaïlande ou Inde un peu partout.

8/28/2012

Dilemne Nature Culture

Après quelques jours de retour à la nature, une interrogation revient à l'esprit : pourrais-je faire ma vie dans un environnement naturel, beau mais isolé ?
Quand je suis dans ce genre d'endroits, je sens une certaine vérité : plaisir d´être dans la nature, sentiment de vivre comme on est censé vivre au plus profond de nous. Un peu comme aux scouts ou en voilier et qu'on se rapproche du rythme de la nature. J'ai alors l'impression que seuls ces endroits sont capables d'apporter la sérénité et un bonheur un temps soit peu durable, pour peu qu'on ose faire le pari d'y rester quelque temps.
On y croise d'ailleurs des gens qu'on imagine heureux.... bergers, pêcheurs, guides nature, au look de vieux sage ou de jeune idéaliste.
Bon en même temps, je leur ai pas trop demandé mais ils ne resteraient pas sinon,  j'imagine...
En face, j'ai mes "besoins" : avoir toujours de la nouveauté, satisfaire mes envies de découverte, d´innovations, de cultures... : il me faut toujours connaître et vivre un maximum de choses, rencontrer le plus de gens possible, tant le monde nous offre de différences et connaissances à acquérir. Dans ce mode culturaholic, pas de temps à perdre pour parcourir le monde et les productions humaines. Et avec mes passions de geek, nouvelles technologies et innovation, il y a toujours du nouveau ! Il faudrait alors renoncer à tout un univers pour lequel j'ai fait des études et où j'ai un certain capital me permettant d'y vivre bien. Mais aussi arriver à jouir pleinement d'une situation au lieu de sans cesse planifier des nouveaux projets, de nouvelles découvertes.. pas gagné ! Il y a peut être un juste milieu, un endroit isolé mais pas trop (merci Internet sans fil) ou une manière de travailler qui permettent une alternance entre ces 2 mondes plus fréquente que dans la norme... Ou encore faire le pari d'une période longue, quelques années, en se donnant tous les moyens nécessaires pour revenir... Mais peux-t-on seulement revenir ou vouloir revenir ? Si la réponse était simple et ces moyens simples à définir et à acquérir, la décision serait facile à prendre... Et on y perdrait le vertige du risque et de l'aventure.
Voila, c´était la minute réflexion depuis la savane marécageuse du Pantanal, complétée par quelques heures de bus et quelques embruns bahianais...