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12/09/2012

L'expérience Bruce aux Bijagos

Si la Guinée Bissau a gardé un semblant d'activité touristique, c'est bien grâce à la réputation des Bijagos. Au delà des ONGistes ayant besoin de se relaxer, ces îles attirent pêcheurs, lusophones et aventuriers au coeur d'une nature très préservée et à peu près déserte.

L'île principale Bubaque abrite quelques hôtels, pour certains abandonnés depuis la fin de l'Etat,

d'autres qui ont l'air de marcher correctement. De quoi faire marcher le petit aérodrome, où l'on se croirait plutôt dans une plantation de coke (je trouve).


Au bout de l'île, une grande plage, Praia Bruce, où je suis arrivé après 1h30 de vélo sous le cagnard.
L'arrivée au détour d'un virage, ça fait toujours plaisir...
surtout quand la plage est aussi belle et aussi déserte !
La plage pour moi et pour la nuit, car j'avais prévu le coup : moustiquaire, sac à viande, allumettes et nourriture. Bon petit trip, avec au matin, pêcheurs en mer ou fignolant leur barque. Un petit paradis, mais avec un hôtel en construction.
Vue de là où j'ai passé la nuit
Mon petit nid et le bois pour le feu !
Prêt à affronter la nature...

Moments de réflexion dans la solitude...
Scout toujours !
Au petit matin, c'est reparti pour un tour !
Mon nouveau voisin qui termine sa barque, faite en 30 j et qui permet à 10 personnes de pêcher.

Je suis quand même bien content de retrouver la civilisation en profitant d'un carppaccio de poisson le soir (et le Wifi !).

Dimanche midi, il est (déjà) temps de rentrer. Je n'aurais donc pas eu le temps de faire les autres îles, notamment le parc de l'île d'Orango et ses hippos marins (next time?). Retour sans histoire à Bissau puis le lendemain à Ziguinchor, malgré le sketch un peu lourd du contrôle en Bissau. On est descendu 5 fois (avec 2 femmes avec bébé) avant d'arriver à la frontière et on a contrôlé 3 fois mes bagages… Ziguinchor, capitale de la Basse Casamance, où je rejoins Jérémie alias JBass MC, un ami et sujet d'un de mes portraits.

12/07/2012

Vacances à Bissau

Le lendemain, départ pour Quinhamel et son hôtel Mar Azul situé un peu plus loin. 1h30, 2km à pied et 1000CFA plus tard (je n'avais pas pris mon passeport…), me voilà avec nos amis des Nations Unies en train de dévorer un poisson grillé au bord de la piscine.


Sieste de 3h ensuite et retour au bercail (branco, braaaannnncoooo), une grosse journée !

Elle se termine en dîner avec 2 Danoises accompagnées de leur copain local, dont 1 singulièrement jeune (genre 16 ans). OK...

Le lendemain, départ aux aurores pour l'archipel des Bijagos, endroit méconnu mais assez paradisiaque (les 2 sont peut être liés...)

Voici le bateau que j'ai pris, un ancien bac grec.
Dans le salon "VIP" (les autres sont en bas avec le fret...), avec clim et film asiatique pourri ou comédie américaine "direct to DVD" compris.
Après 6h de trajet, enfin, terre en vue !

et voici le port de Bubaque, où je reste 2 jours seulement, afin de pouvoir reprendre le même bateau à son retour.

12/06/2012

Bissau capitale

Pour arriver à la capitale, je prends of course un "sete places" mais surprise, ici, ce sont les Renault 21 qui règnent… Un chauffeur que je trouve particulièrement prudent, ralentissant à l'approche d'obstacles ou d'autres voitures. Je comprends bien vite son manque d'enthousiasme en pilotage : une absence totale d'amortisseurs, qui fait que même une simple ondulation de la route donne l'impression de racler la route…
Les barrages routiers sont plus nombreux et plus emmerdants qu'au Sénégal, puisqu'ici, il faut descendre du véhicule systématiquement (et accessoirement, le branco se fait taxer 1000 CFA "pour le thé").
J'aurai préféré les donner à ceux qui entretiennent les routes, qui tentent aussi des barrages, mais nous forçons ceux ci aisément.

Une fois à destination, c'est l'heure de ma 1ère expérience en tant qu'hébergé avec Couch Surfing.

Destination Danemark, où 7 jeunes médecins pour de la recherche dans les vaccins. Internet, électricité 3x par jour et bières à volonté. Un après midi à pied suffit pour bien faire le centre ville et ses alentours (port, rue principale, quartiers résidentiels, rond point de l'indépendance). Les rues sont particulièrement défoncées, alors que le bâti n'est pas si mal.







Ce pays est en déliquescence depuis la guerre civile, qui a facilité l'implémentation des narcos, afin de sécuriser un point de chute africain à leurs drogues. Le dernier président élu ayant esquissé un mouvement contre eux c'est fait déposé il y a 9 mois par les militaires…

1ère soirée dans la capitale à base de virée à moto pour aller voir Barcelone/Benfica. Ancienne colonie portugaise et absence de championnat local oblige, chacun ici a son "club de coeur" portugais. Re-poulet cafriela et 2 bières Super Bock plus tard, Messi est blessé et je vais me coucher.

12/05/2012

Bafata, ville fantôme

Cette 1ère étape guinéenne me donne une première bonne impression du pays.
C'est vert, arboré, des routes goudronnées en bon état et des grandes maisons carrées, au contraire des cases rondes trouvées autour de Kolda. La ville en elle même a son charme, situé en contrebas de la colline. L'activité est concentrée sur un plateau, mais lorsque l'on descend vers le fleuve, on découvre un ancien port aux constructions (très) défraichies. 


Fort, station essence, marché, piscine, bâtiments et quai, c'est presque désert et d'un calme absolu. Les traces laissées par les Portugais sont là, mais ce sont plutôt leurs fantômes qui sont restés… d'ailleurs, en dépassant l'église, la version portugaise des "Anges dans nos campagnes" a retenti, la chorale révisait pour Noël !

En Bissau, ce n'est pas le courant qui est alternatif mais la fourniture d'électricité… du coup, en logeant près du fleuve, le retour de nuit du bouibouis, où je m'étais sustenté d'un Frango Cafriela (poulet citron), était presque une aventure en soit. Le lendemain, petite ballade sur les hauteurs (absentes au Sénégal) me permet d'avoir un beau point de vue sur les grandes rizières qui bordent le fleuve. Ballade rythmée par les "Branco, branco, brancoooooooooo" des enfants (oui, pour les lusophones, c'est la version locale du "toubab, toubab" galsen.



12/04/2012

Embarquement pour la Guinée Bissau

De Kolda à Bafata, située dans l'intérieur des terres de la petite Guinée Bissau, 100km et 1 frontière. Plein d'espoir pour 1 voyage rapide et accompagné apriori d'amis sénégalais, je me lève aux aurores… En chemin pour le "garage" (gare routière), j'apprends que je vais devoir y aller par moi-même, souci de leur côté.

J'ai déjà écrit sur ce blog combien les "7 places" peuvent être en mauvais état. Mais ici au sud du Sénégal et pour un petit trajet de 30km, c'est la lie des Peugeot 507, les survivantes des survivantes vaguement retapées qui servent encore.  Parebrisé défoncé (mais que fait le Monsieur Carglass??), portes retenues avec des ficelles, transformation du 7 places en 10 places (le chauffeur, 2 devant, 5 au milieu, 3 derrière et 1 poule), démarrage sur la "piste de décollage"  (en 2x) en étant poussés par les gens autour (tous les véhicules sont partis comme ça), clé qui une fois enlevé du contact ne coupe pas le contact… Ah et chose incroyable, j'ai été placé devant, enfin !! (mais on était 2…)

Ces 30km avalés en 15min 1h15, je franchis aisément la frontière à Salikénié.
Pas de bakchich, fouille légère des sacs, judo bem… Par contre, de l'autre côté, seul un bus de 22 personnes m'attend, aucun 7 places… et nous ne sommes que 7. Je redoute une longue attente et patiente en déjeunant. Surprise, 1h a suffit pour réunir assez de personnes, alors que le trafic est franchement limité ici.
Il reste alors 75km, une affaire de 2h de piste me dis-je… Nous mettrons en réalité 4h, pendant lesquelles j'étais assis sur un banc dans la longueur, sans possibilité de bouger mes jambes. Assez hardcore, mais "heureusement", il y avait des pauses pour les descentes/montées.

Nous étions donc 22 selon la police, et plutôt 30 selon les organisateurs… +2 bébés + la poule et un gars récupéré en dernière minute avec une moto qui nous a rattrapé. Quelques uns sur le toit, d'autres à la porte du coffre, le reste entassé. Plaisir. Ces arrêts multiples (récupération d'une porte, arrêt eau pour bébé, qqn qui descend 30 mètres après le dernier, un tel qui fait des courses… plombent complètement la rapidité des transports. Au final, un trajet qui fait x3 en durée par rapport à l'Europe (si on paye double, c'est à dire un 7 places) ou x4,5 si on prend le bus. Un vrai frein au développement, et ce n'est pas dû qu'à la qualité des routes.

Dernier mystère : mes affaires situées dans le coffre ou avec moi dans les différents véhicules étaient à chaque fois couverts de poussière... Moi aussi par la même occasion, cf cette chemise qui a vécu...